La suite est insoutenable pour les gens qui aiment les belles choses...
Un des hommes est allé chercher une énorme carabine, une espèce de bazooka. Il a éloigné tout le monde et il a visé. Le cochon et la vitre ont explosé en même temps.
L'intérieur de la voiture repeint à neuf : rouge.
Du sang, même au fond de la boîte à gants, même entre les touches du téléphone de bord.
Alexandre Devermont était hébété. On aurait pu croire qu'il ne pensait plus.Du tout. A rien. Ou seulement à s'enterrer vivant ou à retourner contre lui le bazooka du pompier.
Mais non, il pensait aux ragots dans le pays et à l'aubaine que ca allait être pour les écolos...
Il faut dire que son père à non seulement une magnifique Jaguar mais aussi des visées politiques tenaces pour contrer les Verts.
Parce que les Verts veulent interdire la chasse et créer un Parc Naturel et n'importe quoi d'autre, du moment que ca emmerde les gros propriétaires terriens.
C'est un combat auquel il tient énormément. Mais là...le sanglier qui explose en mille morceaux dans la Jaguar Sovereign du futur conseiller régional, ca va un peu gêner aux entournures. Sûrement un peu, non?
Y'a même des poils collés contre les vitres.
Les pompiers sont repartis, les flics sont repartis. Demain une dépanneuse viendra charger le...la...enfin le...truc gris métallisé qui encombre la chaussée.
Nos deux compères marchent le long de la route, la veste de smoking jetée sur l'épaule. Il n'y a rien à dire. De tout façon, au point où en sont les choses, ce n'est même plus la peine de penser non plus.
Franck dit:
- Tu veux une cigarette ?
Alexandre répond:
-Ouais je veux bien.

